Roses anciennes normandes : " Le Jardin des oubliées "

 

 

La pimprenelle Hardy

 

 

 

 

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Cela fait trois ou quatre ans que Mme Christiane Dorléans, présidente de l’association ‘Monviette Nature’ qui s’est donné pour mission de retrouver les plantes cultivées autrefois dans le pays d’Auge, m’a confié un rosier pimprenelle afin de retrouver son véritable nom et son histoire.

 Une grand-mère de Jort près de St Pierre sur Dives, a apporté ce rosier qu’elle connaissait dans sa famille depuis toujours sous le nom de ‘ Rosier de l’Ascension’. En effet, fait très remarquable, quelque soit la date de cette fête religieuse, début ou fin Mai, ce rosier est toujours fleuri quelques jours avant. 

J’ai tenu à ce que pendant tout ce temps ce rosier soit bien installé dans la terre pauvre de mon jardin à Balleroy afin de vérifier chacun des critères botaniques que je comparais aux écrits obtenu dans plusieurs ouvrages anciens du dix-neuvième siècle. Il s’agit donc de la Pimprenelle Hardy que Mr Girardon de Bar sur Aube a dédiée à son collègue Hardy et qu’il a obtenue en 1828. Le descriptif qui suit est la synthèse de plusieurs articles auxquels j’ai ajouté quelques précisions : «  Rosier d’environ deux pieds de hauteurs (60 à 80 cm), à tiges droites, armées d’aiguillons nombreux, longs, droits, inégaux, gris sur le bois de l’année précédente, roses sur les jeunes pousses ; feuilles composées de sept à neuf, plus rarement de onze folioles, très petites, ovales, d’un vert clair, doublement dentées ; fleurs solitaires, doubles, portées sur un pédoncule long et glabre ; ovaire lisse ; pétales d’un blanc de neige, cordiformes, légèrement ondulés et échancrés, coupés au milieu par une ligne carmin ; fleur a odeur de citron. »  

Une fois encore, l’histoire des roses anciennes en Normandie est liée à la religion. J’ai d’ailleurs retrouvé dans une cour de ferme du Bessin un rosier nommé autrefois ‘Rosier de la Trinité’ !   

En outre, le pays d’Auge faisait partie de la société d’Horticulture du centre de la Normandie sous la houlette de son président obtenteur : Oudin de Lisieux et de Prévost fils de Rouen membre ; ce dernier était très lié à Mr Girardon. Cela explique sans doute la présence de ce rosier en pays d’Auge. 

Cette jolie plante, saine et sans problème, déjà présente au potager conservatoire de Saint Pierre sur Dives, pourra dorénavant porter son nom local et son véritable nom.

Ma seule exigence sera d’indiquer sur l’étiquette la date de sa détermination et mon nom en reconnaissance du travail consacré au genre Rosa ; il en est de même pour les ouvrages qui évoqueront cette rose. 

Mr Lenoir. E.

 

 

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