Roses anciennes normandes : " Le Jardin des oubliées "

 

 

Découverte d'une rose disparue

 

 

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Il y a des circonstances hasardeuses et des bonheurs simples, fruits de la patience et de la persévérance. 

 En effet, les Roses que je retrouve dans les haies où les vieux jardins ont toute une histoire, mais pour celle qui nous intéresse dans cet article, les coïncidences de sa découverte sont anecdotiques. 

 Je suis passé près de ce talus pendant plus de trente ans pour y visiter une parente, presque chaque semaine, sans jamais voir la présence d’un rosier ; jusqu’au jour où, l’engin d’entretien du bord des routes tomba en panne juste avant. Ceci permit à un bouton de rose de présenter ses premiers pétales rouges qui tranchaient bien sur le vert foncé du feuillage des herbes folles. Je prélevais ainsi quelques bouts de branches munis de légères racines en plein mois de juin, il y a déjà cinq ou six ans ! Ces boutures reprirent très bien. 

Depuis, mystère ! Je n’arrivais pas à classer cette rose : seul un détail botanique semblait attirer mon attention : la présence d’un œil vert au centre des pétales comme la Rose ‘Madame Hardy’.

 En avril 2004, je saisissais sur informatique des descriptifs botaniques afin d’achever un travail à propos des Rosiéristes Normands. Soudain, ce détail botanique me fit réagir : je m’empressais de prendre ma loupe et j’allais voir sur le rosier si cela pouvait correspondre : chaque partie de la plante coïncidait avec les précisions apportées par l’auteur du descriptif. J’attendais que les fleurs soient bien ouvertes pour confirmer la découverte que je venais de faire : il s’agit de la Rose hessoise X à fleur lilas de Prévost fils (Rouen) dont voici le descriptif et la photo.

 

 

Hessoise X à fleur lilas : Rosa X Rubiginosa, semis de 1823, première floraison 1827.

Buisson peu élevé. Aiguillons inégaux, droits (les plus forts souvent auprès des feuilles et inclinés sans courbure), entremêlés de soies, dont les plus petites sont glanduleuses. Feuilles rapprochées, à 5 ou 7 folioles, dont les dimensions augmentent graduellement à mesure qu’elle s’éloigne de la base. Pétiole glanduleux, ordinairement armé de petits aiguillons. Stipules étroites, entières, ciliées de glandes, à bords roulés en dessous et à pointes droites, lancéolées, subulées. Folioles rapprochées, sans pubescence, ovales lancéolées, aiguës, vert foncé en dessus, pâles et parsemées en dessous de quelques glandes. Serrature inégale, souvent double, bordée de quelques glandes très petites. Pédoncules glanduleux, ordinairement trichotômes Style 40 à 45, soyeux, libre et saillants.. Bractées lancéolées, acuminées, ondées, entières, bordées de glandes. Ovaire ovale pyriforme, resserré au dessous du collet, qui est évasé ; couvert de glandes odorantes. Sépales glanduleuses, odorantes . Fleur petite (2 pouces de diamètre), pleine, régulière, rose lilas clair.

 

Il est vrai qu’a ce moment, il semble normal d’éprouver du bonheur qui récompense la patience et la persévérance. 

D’après ce que j’ai pu en lire, les Roses Hessoises sont originaires de la région de Hesse en Allemagne où les premiers hybrides furent créés à partir de Rosa rubiginosa. En France seuls deux ou trois rosiéristes célèbres, début dix-neuvième, ont travaillé quelques hybrides considérés disparus de nos jours. Seule une ‘Petite Hessoise’ est revenue de Californie en 1981. 

La Rose Hessoise X à fleur lilas est restée en Normandie, témoin vivant du genre Rosa que cette région a toujours honoré. J’aimerais également, si cela est possible, que maintenant on puisse associer mon nom à celui de Prévost fils dans le cas de cette découverte afin de reconnaître mon travail fourni dans le recherche des Roses disparues ou ‘Oubliées’.

 Mr Lenoir Eric.

 

 

 

 

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